Greed, for lack of a better word, is good. Ce discours de Gordon Gekko face aux actionnaires d'Teldar Paper est l'une des scènes les plus citées de l'histoire du cinéma. Et l'une des plus mal comprises.
Oliver Stone voulait dénoncer la culture des raiders et du greenmail qui déchirait l'économie américaine des années 1980. Il a créé un personnage si charismatique, si séduisant dans sa franchise brutale, que des générations d'étudiants en finance ont décoré leur chambre avec son portrait.
Le système Gekko
Ce que Gekko incarne n'est pas l'avidité au sens vulgaire du terme. C'est quelque chose de plus précis et de plus dangereux : la conviction que les marchés sont un jeu à somme nulle, que toute victoire suppose une défaite, et que les règles ne sont faites que pour ceux qui ne peuvent pas les contourner.
Bud Fox, le jeune broker qui gravite autour de lui, représente tous ceux qui ont été attirés par ce système non par conviction mais par fascination. Sa chute n'est pas la conséquence d'un manque de talent, mais d'un manque de boussole.
35 ans plus tard, rien n'a changé
Le film date de 1987. Les delits d'initiés ont migré vers des formes plus sophistiquées. Les raiders s'appellent aujourd'hui fonds activistes. La logique est identique. Ce que Wall Street décrit n'est pas une pathologie des années Reagan — c'est une tension permanente entre la logique du capital et celle de l'entreprise comme institution sociale.
