Pour la première fois depuis sa création en 1980, l'assurance-vie française a connu une décollecte nette significative en 2019. Comprendre pourquoi, c'est comprendre les mutations profondes qui traversent le placement préféré des Français.
Le mythe du « sans risque »
Pendant trente ans, le fonds en euros de l'assurance-vie a offert un rendement positif garanti, avec effet cliquet. C'est-à-dire que les intérêts générés chaque année étaient définitivement acquis et portaient eux-mêmes intérêts. Ce mécanisme, dans un contexte de taux élevés, était extraordinairement favorable à l'épargnant.
Dans un environnement de taux zéro, cette garantie coûte cher aux assureurs. Ils ne peuvent plus dégager le rendement nécessaire pour la financer. Le résultat : les rendements des fonds euros s'effondrent, et les assureurs multiplient les contraintes d'accès pour limiter les versements sur ces supports.
Ce qui reste vrai
L'assurance-vie reste un outil de transmission remarquable. Son régime fiscal en cas de décès — abattements de 152 500€ par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans — n'a pas d'équivalent dans l'arsenal patrimonial français. Son enveloppe multi-supports permet d'accéder à des classes d'actifs diversifiées dans un cadre fiscal favorable.
La question n'est pas de savoir si l'assurance-vie est encore pertinente — elle l'est. La question est de savoir comment l'utiliser intelligemment, avec une allocation adaptée à votre profil et à vos objectifs.
