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Finance et Fiction #2 -
The Crooked ENRON

14 mai 2021 
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the crooked enron

L’Affaire ENRON  (The Crooked ENRON) 2003

Film de Penelope Spheeris.

Enron était une entreprise américaine spécialisée dans le domaine de l’énergie (production et transport de gaz naturel puis ultérieurement activité de courtage en produits énergétiques et matières premières). Elle fit faillite en 2001, à l’époque la plus grosse faillite de l’histoire des Etats-Unis.

Les éléments frauduleux ayant finalement conduit à la chute de l’entreprise recoupent des mécanismes assez complexes que l’on pourrait résumer essentiellement par des manipulations comptables visant à masquer l’endettement de l’entreprise et à valoriser artificiellement son rendement, dans le but de toujours optimiser sa valorisation boursière.

Ces manipulations comptables recoupaient entre autres :

  • La création de plus de 3000 sociétés offshores permettant d’externaliser les risques financiers et titriser des emprunts à long terme.
  • La dissimulation d’emprunts bancaires en opérations commerciales permettant un surendettement comptablement invisible.
  • Le maquillage des bilans annuels qui faisaient apparaitre, non pas les bénéfices réels sur les transactions boursières mais les bénéfices virtuels réalisés le jour de la signature de contrat selon le cours de l’action à ce moment.

L’entreprise aurait ainsi masqué 40 Milliards de dollars de dettes aux actionnaires.

Par ailleurs, il apparaitra qu’ENRON manipulait également le marché de l’électricité, notamment en Californie, en créant notamment une congestion artificielle sur les lignes électriques.

L’explosion de la bulle internet en 2000 fait chuter le cours de l’action ENRON, qui servait de support à ses montages financiers auprès des banques. Le remboursement des emprunts souscrits apparait alors au grand jour dans les bilans de l’entreprise, ce qui fait encore chuter l’action dont la valeur boursière est divisée par 350 en 1 an, entrainant le licenciement de 20.000 employés (soit 70% des effectifs) et des pertes financières chiffrées à plus de 2 milliards de dollars pour des dizaines de milliers de petits actionnaires.

Quelques-uns des dirigeants principaux purgeront des peines de prison ferme au terme des enquêtes fédérales, non seulement pour les fraudes précédemment citées mis aussi pour délit d’initié, la plupart ayant vendu de gros volumes d’actions ENRON avant la chute des cours.

Ce scandale donnera lieu à la promulgation de nouvelles lois concernant la comptabilité d’entreprise.

Le film essaye donc de retracer les derniers mois de l’entreprise au travers du parcours initiatique d’un jeune employé aux activités de courtage qui va passer de l’optimisme béat de l’argent facile à la prise de conscience progressive de la cupidité et de l’absence de scrupules des dirigeants ainsi que de la malhonnêteté intrinsèque de la philosophie d’entreprise d’ENRON.

Filmé comme un téléfilm des années 1980, ce film a un intérêt artistique proche du néant mais a une vocation documentaire sur la psychologie des employés de l’entreprise et sur une (petite) partie des mécanismes sous-tendant les manipulations financières ayant conduit à la faillite retentissante de 2001.

Pour une version plus journalistique de cette histoire, à voir également « The smartest guy in the room-Enron l’incroyable scandale » un film documentaire de 2006 décortiquant précisément la montée en puissance puis la chute de cet ex-géant des transactions énergétiques.

Le vocabulaire financier pour les nuls

Pour celles et ceux qui écoutent BFM, on entend souvent des spécialistes économiques nous parler dans un langage abscons pour le commun des mortels. D’où l’idée de s’intéresser à chaque news à un mot …

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