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#16

Après le bio et les pommes pourries, les fonds ISR

4 mars 2021

Alors avec un titre comme ça, on va encore se faire des amis, et à la Vie claire ou chez Bio c’est bon ?  
Allez, revenons-en à nos moutons, aujourd’hui les fonds ESG et ISR, c’est quoi ?

Oui, acronyme pour environnemental sociétal et de gouvernance et investissement socialement responsable. Par commodités, on parlera des fonds ESG, c’est à peu près la même chose.

En période de crise, les investisseurs se repliaient souvent sur des valeurs refuge sûres et éprouvées, comme l’or ou les emprunts d’État à long terme. A contrario, l’investissement durable était considéré comme une mode ou comme un luxe pendant les phases d’incertitude. Mais ca c’était avant !

Aujourd’hui les Fonds investis dans des sociétés dotées de solides politiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) font mieux que leurs indicateurs de référence non seulement cette année, et ce depuis longtemps. D’un point de vue de la gestion des risques, soutenir ces entreprises est devenu logiquement la bonne décision à prendre pas les sociétés de gestion et par le particulier investi dans ces fonds.

Mais n’y a t-il pas un effet, marketing puisque toute les sociétés de gestion communiquent très fortement sur ces fonds?

C’est la question a 1000 milliards… de Bitcoin !!!

On retrouve en effet dans certains segments des marché d’actions des relents de la bulle de la fin des années 90... On peut aborder le contexte par exemple du changement climatique et de l’ESG, ainsi que le secteur de la voiture électrique.

D’un point de vue économique, on est dans une logique radicalement différente de celle de la Nouvelle Economie.

On n’est pas face à des flux soudains d’innovations incontrôlées qui menacent subitement des secteurs d’activité traditionnels comme à la fin des années 90.
On est face à un changement structurel des préférences collectives, des états  pour des technologies moins polluantes qu’il faut s’efforcer de développer et de rendre plus efficaces par rapport aux procédés existants plus polluants.. Avec le changement climatique, les allocations sectorielles sont soutenues par la certitude de l’adoption de technologies moins polluantes dans certains secteurs économiques spécifiques (transport, énergie, agriculture), avec le soutien des politiques publiques pour toutes les technologies possibles et imaginables.

Mais elle sont aussi moins productive en raison de l’adoption forcée de technologies moins efficaces il faut absorber un coût économique de transition, ce qui signifie moins de croissance potentielle, au moins pendant un certain temps... Avec le changement climatique, il y a moins de croissance potentielle car on produit moins pour plus cher. 

C’est la certitude d’une nouvelle préférence collective durable qui aujourd’hui conduit à des choix sectoriels forts de la part des investisseurs.

Oui et aujourd’hui, les valorisations se nourrissent d’un surinvestissement privé principalement attiré par la certitude de politiques publiques faites de subventions et de règlementations en faveur de toutes les technologies non-polluantes existantes ou naissantes. Le soutien public est quasi-systématique avec peu ou pas de considérations sur les technologies qui  s’avèreront les plus efficaces à l’avenir et c’est bien le risque. Tout ce qui est potentiellement moins polluant est subventionné. Le surinvestissement économique est ici en partie privé mais aussi public.

Tous les gagnants possibles font l’objet de flux d’investissements privés importants conduisant à des valorisations excessives, rationalisées par la perspective d’énormes gains de parts de marché.

Les segments de marché d’actions en bulle aujourd’hui sont d’abord exposés à des déconvenues entre les promesses de ventes pharamineuses et leur réalité.

Tu penses à Tesla par exemple ?

Oui,  la valorisation de Tesla en bourse aujourd’hui correspondrait à près de 50% de parts de marché mondial en électrique sur cette marque à horizon 2030. Compte tenu des acteurs en présence, des investissements déjà réalisés par les constructeurs traditionnels, et des préférences nationales en termes de marques, de telles prévisions de ventes sont extrêmement peu probables. Cette incompatibilité sera un jour visible, une déception vue comme passagère sur les résultats, devenant progressivement une désillusion structurelle.

L’étendue des subventions publiques pour les technologies moins polluantes devrait toutefois tendre à repousser dans le temps ce retour au réel, en permettant aux entreprises prometteuses de rester non-profitables plus longtemps. Plus dur sera la chute pour les autres. 

Bon alors, des conseils aujourd’hui sur les fonds ESG?

Eh bien pour ceux qui ont le temps sélectionner les fonds ESG ayant une historique de quelques années pour voir leurs performances dans des périodes favorable ou non et il y en a eu depuis 2015. Et pour les autres, Privilégier les fonds ayant une zone géographique la plus large possible c'est à dire le monde. Bien entendu ça fait un peu partie de notre travail de faire cette sélection puisque le choix est vaste. Enfin petite précision la plupart des entreprises d'aujourd'hui ou une forte pression des pouvoirs publics pour ce qui a été évoqué plus haut donc beaucoup de fond traditionnel sont en réalité déjà des fonds avec des appétences ESG.

Voila c’est fini pour aujourd’hui prochain thème ? Haine de la finance et populisme.

Du lourd ! A la prochaine

Prochain Podcast : Haine de la finance et populisme (en cours)

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