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#4

La finance comportementale et épargne

15 juillet 2020

Dis-moi, est-ce que t’as acheté du Bitcoin ? Et si oui, surtout dis-moi pourquoi ?

Oulala, tu commences fort. Oui je crois en 2015, et encore parce que mes enfants m’en parlaient, certains de mes confrères aussi et du coup j’ai voulu faire un essai.

Bon et alors tu l’as acheté à quel cours ?

J’ose à peine te le dire … aux alentours de 19 000 il me semble.

Ah la bonne affaire, et le cours aujourd’hui est à 9000….

Merci Amandine de remuer le couteau dans la plaie.

Est-ce que tu sais pourquoi tu as fait cette erreur ?

Non, comme ça je ne vois pas !

Parce que tu as suivi l’avis du plus grand nombre. En finance comportementale on appelle ça le biais moutonnier.

Merci de me comparer à un mouton !

Non mais ce qui est passionnant avec cette matière c’est que c’est la réunion de la psychologie et de la finance. On part donc du fait que rien n’est objectif. On étudie l’impact des éléments extérieurs sur ta façon de penser et donc d’investir.

Y compris par temps couvert pendant que tu y es...

Tu ne crois pas si bien dire. La météo influe sur notre comportement et notre perception d’épargnant.

D’accord. Puisque je suis dans le faux depuis le début de notre entretien, dis-moi quels sont alors les principaux comportements le plus souvent documentés ?

On les répertorie selon différents biais.

Tu as d’abord les biais sociaux :

  • Comme tu l’as vécu, les comportements moutonniers. On délaisse son information privée pour suivre le comportement des autres, parce que c’est rassurant.
  • Tu as aussi Le faux consensus qui consiste à croire à tort que les autres partagent notre point de vue. Encore une façon de se rassurer…

Mais tu as aussi les biais plus relatifs à la personne, biais qu’on dit émotionnels :

  • L’excès de confiance c'est-à dire surestimer ses propres capacités.
  • Le biais de l’autruche : c’est fuir les informations déplaisantes.

On reste dans les animaux…

Non mais par exemple, quand on a fait un investissement sur le conseil de ses amis et que celui-ci se révèle catastrophique. Dans cette situation, et  c’est presque humain, on préfère bien souvent ne rien faire plutôt que décider de vendre ce qui peut être encore vendu (de toute façon, il n'y a plus rien à faire), quitte à ne plus rien avoir finalement.

Tout ça c’est très bien Amandine mais ça nous sert à quoi ?

À prendre du recul et en considérant qu’une fois de plus, notre pire ennemi quand il s’agit de prendre une décision à chaud lors d’un évènement de marché, c’est nous-mêmes. De toute évidence, la décision risque d’être mauvaise car celle-ci va surtout dépendre de tout ce qui a été développé plus haut.

Alors que faire ?

Eh bien Jean-Christophe, si nous professionnels avons une valeur ajoutée, c’est bien celle-là. Nous sommes là pour connaître la matière et détecter l’ancrage mental qui consiste à se fier à la première impression, le cadrage qui repose sur le fait de ne voir qu’un aspect du problème ou encore les habitudes dites heuristiques qui consistent à prendre des raccourcis de raisonnement. Non seulement nous connaissons ces biais mais notre expérience nous permet de vite les détecter chez nos clients.

Investir en ne se fiant qu’aux informations produites par le plus grand nombre, y compris dans la presse assure rarement une rentabilité satisfaisante sur le long terme. L’avis d’un professionnel permet bien souvent de visualiser un objectif et un horizon de temps et de mettre en face la bonne adéquation en terme d’investissement.

Merci Amandine sur cet éclairage. Tu peux me donner le thème du prochain podcast ?

Avec plaisir : Vin, vache laitière, forex, trading, les placements bidons font toujours du bruit. 

Prochain podcast : les placements bidons font toujours du bruit !

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