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#12

Les escrocs dans la Finance : le pouvoir du verbe et sa mauvaise utilisation

25 novembre 2020

La finance on aime bien mais il y a des choses qui nous dérange !

Avant d’aborder quelques escrocs notoires dans le monde de la finance qui ont marqué notre temps, remontons un peu dans l’histoire, 400 ans avant J.C pour être plus précis, dans la Grèce Antique, avec un des philosophes majeurs de la rhétorique, j’ai nommé Aristote.

Quelques mots sur la rhétorique ?

Si on veut résumer, cela rassemble les usages pratiques de l’art oratoire, l’éloquence et la persuasion. Tout ça ne vise qu’à convaincre un auditoire sur les sujets les plus divers. J’ai omis volontairement d’autres sous sujets sur la rhétorique par manque de temps. Et oui, on reste toujours dans les 4 minutes chrono !

Cela peut être un moyen d’enseignement ou un outil politique et mais peut devenir aussi une arme redoutable de manipulation.

Et c’est comme ça qu’on peut vendre la Tour Eiffel en pièces détachées.

Commençons donc par Victor Lustig qui dans les années 20, est interpellé par un article d’un journal qui évoque la nécessité de constantes réparations, véritable gouffre financier pour la Mairie de Paris. Notre ami a la folle idée de vendre le monument en se faisant passer pour un haut fonctionnaire. IL envoie une lettre à 5 des plus riches ferrailleurs parisiens en leur proposant d’acquérir 7000 tonnes de métal. En effet, ayant entre temps fabriqué des papiers entête de la ville de Paris, les 5 ferrailleurs sont conviés à l’hôtel Crillon. Bien entendu, il est demandé de conserver la plus grande discrétion sur cette transaction.

Ahah, eh oui, on ne partage pas les bonnes affaires… Et alors, que s’est-il passé ?

Manipulateur jusqu’au bout, Lustig fait jouer la concurrence entre les 5. Et bien entendu, le plus naïf est le plus offrant, un certain André Poisson, hypothèque tout, y compris sa maison et fait un gros chèque à Lustig. Il vient d’acheter la Tour Eiffel !!! Quelques jours plus tard, il découvre le pot aux roses, mais trop tard, puisque l’escroc s’est enfui à Vienne avec le magot. Par peur du ridicule, la victime ne dira rien. Et c’est souvent pour cette raison, que certaines arnaques prospèrent.

Et tu sais qui a dit … ?

Oui bien sur Charles Ponzi qu’on ne peut ignorer puisqu’encore aujourd’hui, ce mécanisme se retrouve souvent dans d’autres modèles d’escroquerie (y compris sur YouTube). L’un de ses élèves le plus doué fut Charles Madoff qui réussit pendant 48 ans et 60 milliards de dollars…

Charles Ponzi oui reste synonyme d’escroquerie. Né en 1882, il émigre aux E.U en 1903 et créé en 1919 la SEC (acronyme qui renvoie à celui du gendarme de la Bourse !). CE qu’on appelle la pyramide la Ponzi semble assez simple mais il faut savoir qu’un mathématicien a modélisé ce concept qui peut être décliné avec beaucoup plus de subtilités.

Prenons un exemple : Je promets un rendement de 100% en 90 jours disons aux 100 premiers épargnants. Il me faut donc trouver 200 nouveaux investisseurs pour payer les intérêts des premiers.

Et mécaniquement, au 10ᵉ paiement, on en est déjà à 1 312 200 nouveaux épargnants pour payer les intérêts du 9ᵉ paiement. Alors autant dire que les premiers sont les mieux servis quand ceux-ci ne réinvestissement pas immédiatement leurs gains. Et plus encore. Madoff fut sans doute son meilleur élève avec 65 milliards de dollars de perte pour les investisseurs et la crise des subprimes se rapproche aussi d’un modèle pyramidal.

Et comment ne pas évoquer l’escroquerie du faux Le Drian par Gilbert Chikli ?

Ce personnage haut en couleur a trouvé le moyen de se faire passer pour le ministre de la défense et d’appeler entre autres les entreprises du CAC 40 (La Poste, Galeries Lafayette, Pages Jaunes, Caisse d’Epargne…) pour un soi-disant soutien de la guerre contre le financement terroriste. Il réussit ainsi par le verbe, exclusivement par téléphone à siphonner près de 50 millions d’euros.

Tous ces escrocs ont eu en commun un culot sans limite. Bien entendu, une absence totale de scrupules et un sens certain de la manipulation.

On pourrait dire que le pire dans tout ça c’est que les victimes, bien souvent se taisent, par peur du ridicule en se jugeant soi-même, après coup, suffisamment naïfs alors qu’ils ont eu à faire à des manipulateurs hors pairs, capables de convaincre n’importe quel individu de n’importe quel rang social.

En synthèse, revenons-en aux fondamentaux. Une bonne information est une information qui ne se partage pas. Nous devons tous combattre l’appât du gain facile, la part de rêve que certains ont d’une richesse soudaine sans rien faire. Pour qu’il y ait des escrocs, il faut avoir en face des individus prêts à les suivre. Notre société actuelle surprotège l’individu et lui fais oublier cette notion essentielle de la responsabilité de ses actes.

On arrête là pour aujourd’hui. Le prochain podcast va traiter d’un sujet plus complexe.

On ne vous dit rien, vous saurez tout en décembre !

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